Les IMPATIENTES

« Midi et cinq minutes. Devant les portes battantes du réfectoire, les résidents soupirent. Les personnes en fauteuil roulant attendent, en rang d’oignon. Celles qui marchent encore sont derrière. Personne ne dépasse personne. Les portes s’ouvrent enfin, la soupe est servie. Les blouses blanches distribuent les « serviettes élastiquées pour adultes » – en réalité juste de grands bavoirs. Madame Yvonne me fait signe, me demande de l’aider pour nouer sa serviette à son cou. C’est une petite femme malicieuse et pleine d’énergie. Elle était professeure de gymnastique. Je l’aime bien. Elle me regarde avec le sourire : « Alors, comment te sens-tu parmi-nous, dans notre peuple de vieillesse ? »

Pour réaliser ce travail, Lionel Jusseret s’est immergé dans le quotidien d’une maison de retraite. Il y rencontre une communauté invisible qui, malgré elle, se retrouve en marge de la société. Ces hommes et ces femmes nés entre 1920 et 1945 sont appelés la génération silencieuse. Les Impatientes témoigne des conditions de leurs fins de vie institutionnalisées. Mais au delà de l’hommage à leur culture de papier peint fleuri qui fait écho à lui seul à notre mémoire collective, subsiste une question : pourquoi nos pays dit développés ne sont-il plus capables de prendre en charge dignement leurs aînés ?

 

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